6. Quelques exemples particuliers tels que je les ai rencontrés durant ces journées de sensibilisation.
 

6.1. LA MUSIQUE RECEPTIVE : ( atelier animé par Sylvie BRAUN )

De la musique , l’individu perçoit tout d’abord le rythme puis interviennent les émotions et enfin la représentation.

Ce sont les émotions qui intéressent principalement le musicothérapeute . Durant une séance , l’audition des oeuvres est présentée de la manière suivante :

- Oeuvre A : c’est une musique où le sujet se retrouve . Il s’agit d’une ouvre qui prend en compte les goûts de la personne .

- Oeuvre B : c’est une musique neutre destinée à annuler les effets de la première écoute .

- Oeuvre C : musique dite d’ouverture " sur le sujet , destinée à le déstabiliser afin de repartir sur du mieux être .

Notons que le musicothérapeute revêt un rôle d’accompagnateur , de lien entre la musique et le sujet , d’après Sylvie BRAUN , ce schéma est à rapprocher de la triangulation oedipienne : père/mère/enfant .

Préalablement à la thérapie , les musicothérapeutes du C.I.M utilisent un test de réceptivité mis au point par un groupe de travail sous la conduite de Jacques JOST durant 3ans . Ce test a pour but de déterminer les goûts musicaux des patients.

Il est composé de 3 cassettes de 12 extraits chacune . Ces derniers sont présentés par 2 , une option A , une autre B entre lesquelles le sujet aura à choisir pour noter ensuite les impressions ressenties .

Sylvie BRAUN pense qu’au terme du test , le musicothérapeute parvient à en définir la personnalité .
 
Notons malgré tout que ce test est assez long et que nous n’avons pu l‘effectuer dans sa totalité.

Enfin il est à remarquer que les 24 extraits entendus , issus du répertoire occidental classique ou moderne , sont dans l’ensemble très connus , probablement chargés aux niveaux émotionnels ou culturels.

De ce fait il est possible de penser que les réponses sont déjà orientées et ne reflètent pas réellement sa personnalité .
 

LA RELAXATION PAR LA MUSIQUE :

Ces musiques sont composées d’après les critères suivants :

- le rythme est lent ( tempo de 45 environ )

- peu de variations

- elles sont composées de façon à être écoutées par tous .

La technique met en oeuvre 4 étapes :

phase 1 : 3 minutes environ . Il s’agit d’une musique que le sujet n’aime pas , destinée à décharger les tensions .Un temps de verbalisation est prévu après l’audition

phase 1 bis : 5 minutes environ , il s’agit de la phase de détente .

phase 2 : 10 à 12 minutes de relaxation profonde .

phase 3 : musique d’éveil ( les tonalités de la phase de détente reviennent ) .
 

6.2. COMMUNICATION NON-VERBALE : ( atelier animé par Françoise ROUVERY )

{Communication}La matinée est utilisée à écouter des oeuvres diverses avec pour consigne de noter par écrit toutes les impressions qui surviennent .

Un temps de mise en commun de ces ressentis est prévu .

Au lieu d’écouter les extraits par paires ou isolément, Françoise Rouvery enchaîne 5 à 6 morceaux les uns à la suite des autres. Il s’en suit des significations liées aux enchaînements.

Elle s’arrange également pour insérer en milieu de séquence quelques morceaux déstructurants mais elle veille également à toujours clôturer l’écoute par un morceau positif ou restructurant.
 
L’après-midi est réservé à des jeux musicaux destinés à favoriser la communication à travers des instruments de musique .

exemples de jeux musicaux :

1 - Chaque participant choisit un instrument . L’animateur annonce peau , bois métal ou plastique. Les personnes ayant des instruments dans cette matière en jouent .

2 - Même jeu avec les mots : vent , corde , percussion .

3 - Les participants choisissent chacun un instrument puis tous se mettent en cercle . L’un après l’autre ils interprètent une note de façon à donner l’impression que le son tourne .

4 - Même jeu mais après quelques tours ,tout le monde joue ensemble .Puis l’animateur arrête les instruments l’un après l’autre jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un seul . Le participant continue en effectuant un son qui lui est propre ainsi qu’un rythme . Peu à peu les autres improvisent un accompagnement , le soliste s’arrête alors de jouer afin d’écouter le morceau qu’il a contribué à créer .

Le jeu se poursuit en changeant de soliste .

5 - Des variantes du jeu sont possibles en utilisant les percussions corporelles , seul le soliste conserve un instrument .

Il est également possible d’utiliser la voix en chantant des voyelles ou des onomatopées.

6 – L’animateur prend des grelots qu’il envoie à l’une des personnes, celle-ci doit dire son prénom et les envoyer à son tour à quelqu’un d’autre.

7 - Le meneur donne une note , l’un des participants doit chanter son prénom à cette hauteur .Une autre note appelle un nouveau prénom et ainsi de suite.

8 – L’animateur peut créer une variante en jouant 3 notes différentes , chacun aura alors 3 hauteurs pour chanter son prénom.
 

6.3. RYTHME ET PERCUSSIONS : ( Animateur : Henri SAMBA )

{Percussions}Henri SAMBA a commencé par nous parler de la tradition africaine et de l’attachement de chacun à ses racines , à son village .

Je peux partir au loin nous a-t-il dit mais le village demeure , il est la base de mon existence .

Ce préambule est d’importance dans l’enseignement d’Henri SAMBA , car tout au long de la journée il ne cessera de le mettre en parallèle avec le groupe musical et son soliste .

Le travail rythmique exposé ici n’est qu’un pâle reflet de ce qui a été vécu par les participants . La densité des exercices ne permet pas de tout reproduire ici .

Voyons néanmoins ce qu’il m’en est resté :

 
- Rythme à 4 temps :

Avec la main droite et gauche en alternance , battre tous les temps ( 1 2 3 4 ) puis les rythmes

1 2 - 4 / 1 - - - / 1 - - 4

Le même exercice est ensuite entrepris avec les pieds .

Henri SAMBA introduit alors la notion d’espaces . L’un serait collectif destiné à la base rythmique ( le village ) et l’autre personnel , destiné au soliste ( celui ou celle qui part faire sa vie )

Quelles que soient les facéties du soliste , la rythmique du groupe ne doit pas s’arrêter .

 
introduction de 2 cadres rythmiques :

le groupe 1 2 3 4

l’animateur 1 2 3 4

 
introduction de 3 cadres rythmiques :

le groupe 1 - 3 - / 1 - - -

l’animateur 1 2 3 4 /

 
introduction de 4 cadres rythmiques :
 
le groupe 1 2 - 4 / 1 - - - / 1 - - 4

l’animateur 1 2 3 4

 
note : A partir de ces exercices de base , toutes les combinaisons sont possibles ( 2 espaces dans une seule cellule rythmique , marquer les temps avec les pieds , les pieds et les mains , en marchant avec la voix etc ... .

 
Un autre jeu consistait à écouter en cercle l’animateur jouer un rythme à 4 temps sur un Djembé. Un participant mime de recevoir un cadeau imaginaire sur le premier temps et le renvoie sur le premier temps suivant et ainsi de suite .

Le jeu peut se poursuivre en changeant la consigne : je reçois au premier temps , j’envoie au 4° .

 
- Les danses fantastiques.

Les participants se déplacent en dispersion dans la salle en respectant le rythme donné par un instrument à percussion. Ils doivent éviter de tourner en rond.

Sur une pulsation unique et forte, ils doivent s’arrêter sur place et prendre une ou plusieurs poses corporelles.

On peut introduire plusieurs rythmes pour se déplacer.
 

- Un couple, un instrument.

Les participants sont invités à former des couples et à choisir un instrument parmi le panel proposé.

Ils expérimentent brièvement les sonorités de l’instrument puis ils se séparent. Les participants qui tiennent l’instrument se placent à quelques mètres derrière les autres participants qui leur tournent le dos.

Chaque instrument à son tour s’exprime. L’autre membre du couple doit lever la main lorsqu’il entend son instrument.

Une variante consiste à faire compter le nombre de fois où son instrument a été perçu.

On inverse enfin les participants.
 

6.4. RELAXATION et MUSIQUE : ( animatrice Nicole MOZZANINO )

Il existe actuellement 3 formes de relaxation avec la musique comme support :

 
- L’atelier de détente musicale

- La démarche en relaxation musicale

- La démarche en relaxation thérapeutique analytique avec l’outil musique .

 
Bien que ces trois formes soient différentes , elles ont toutes un point en commun . Il s’agit de l’écoute du vécu dans la relation et la verbalisation .
 
Nicole MOZZANINO nous a rapidement proposé de mettre en pratique la troisième démarche , qui s’est déroulée comme suit :
 
Il nous a été demandé de nous mettre à l’aise et d’écouter un certain nombre d’oeuvres connues pour leurs vertus relaxantes .

A l’issue de ce moment d’audition musicale , chaque participant avait devant lui une grande feuille avec à sa disposition des feutres de couleurs ainsi que des pastels .

La consigne était de noter par le dessin le ressenti du temps d’écoute .

Cette étape franchie , chacun était invité à afficher sa production , à contempler celle des autres puis à expliquer ce que les formes traduisaient … .

On le voit cette méthodologie pose " le prima du verbe ". Ici encore, il est important de verbaliser le ressenti.

Notons que durant ce moment , le groupe était baigné d’une forte émotion tant certains ont pu se dévoiler à cette occasion .

La dernière demande fut que chacun emporte son dessin et qu’en cas de destruction cela s’accomplisse à l’extérieur du lieu .

 
6.5. VOIX ET CORPS OU LE CORPS SONORE : ( Animé par Dominique BERTRAND)

Après une brève discussion sur les différents modes de communication , Dominique Bertrand nous a parlé des deux hémisphères du cerveau dont voici résumées les principales caractéristiques :

 
L’hémisphère droit dit analogique :

- Je ne peux pas ne pas communiquer .

- La communication peut être consciente et volontaire ou inconsciente et involontaire .

- Je ne peut pas admettre de négation , mais seulement des affirmations (1).

- Je ne peux parler que du présent ou au présent (2).

- Un message peut avoir plusieurs significations .

- La communication analogique fonctionne par métaphores .

- Il peut y avoir plusieurs messages simultanés ( communication synchronique )

 
(1) Si je me dis :" ne pas penser à un cheval rouge "( domaine digital ) , la pensée analogique va malgré tout me laisser apparaître l’image du cheval rouge . Je vais donc devoir lutter pour qu’elle disparaisse.

(2) Si je dis :" le mois prochain , j’irai sur les belles plages du Mexique avec des cocotiers" (domaine digital) , l’image que j’en ai ( analogique ) ne changera pas si le voyage s’est déjà déroulé depuis trois mois .

 
L’hémisphère gauche dit digital :

- C’est l’hémisphère des codes et conventions .

- Je peux ne pas communiquer .

- La communication est consciente et volontaire .

- Utilisation possible de la négation " ne...pas ".

- Je peux parler du passé , du présent , du futur .

- A chaque mot correspond une seule signification .

- Les significations n’interviennent que l’une après l’autre ( communication diachronique ).
 
Les deux hémisphères communiquent grâce au corps calleux .

En outre il doit s’établir un certain équilibre entre les deux parties du cerveau . Trop d’analogique ou de digital serait pathologique .

L’être humain naît avec le cerveau analogique mais il aura à apprendre le digital . A titre d’exemple , on peut dire que la parole est digitale , alors que la musique est du domaine analogique .

bibliographie :
_ Le langage du changement " Paul WATZLAWICK éditions point seuil 1986

_ Deux hémisphères , un cerveau " J.L DE MENDOZA éditions dominos Flammarion 1997

 
La relation thérapeutique :

Celle-ci implique un cadre , de la souffrance ainsi que des symptômes .

En outre , la relation entre le patient et le thérapeute est asymétrique c’est à dire que ce dernier ne se livre pas .

Dans la dite relation , le patient va commencer à imaginer ce que le thérapeute pense de lui . Il se projette dans celui-ci , on parle alors du transfert " .

Le rôle du thérapeute sera de recevoir la projection et de la renvoyer petit à petit au patient , il s’agit de la " liquidation du transfert ".

Le " contre transfert " est la projection du thérapeute vers le patient .

La souffrance n’est pas anodine .Le thérapeute doit essayer de comprendre ce qu’elle cache .Le patient est dans l’ambivalence de vouloir à la fois se débarrasser d’elle et de la conserver , ce sont les " défenses ".

En aucun cas , le thérapeute ne doit être l’allié de l’objectif du patient .Il cherche à l’amener à comprendre que sa souffrance et lui sont deux choses distinctes .

 
Les sept questions pour définir le cadre :

- où ? le lieu ( toujours le même et pour cette seule utilisation ) .

- quand ? Le moment du début , de la fin , la régularité , combien de temps durera la thérapie .

- qui ? Le patient , le thérapeute .

- quoi ? qu’est ce qui amène le patient ? , le symptôme ( attention , un symptôme peut en cacher un autre ) .

- pourquoi ? Il s’agit de la cause ( passé ) et de l’objectif ( futur ) .

- comment ? Quelle est la technique , quels sont les outils ? Le comment peut évoluer au cours de la thérapie .

- combien ? Quelle somme le patient devra donner au thérapeute .Il s’agit de l’investissement du patient ( si la somme vient d’un tiers celui-ci doit être partenaire de la thérapie ) .

 
Après cette longue approche par l’hémisphère gauche, la fin de l’après-midi a été consacrée à un exercice d’une heure. Les membres du groupe ont communiqués par le seul biais de modulation de la voix tout en se déplaçant dans le noir.

L’expérience est par nature particulière, voire initiatique et incommunicable car propre à l’hémisphère droit.


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